L’augmentation des troubles musculosquelettiques (TMS) représente aujourd’hui la première cause de maladie professionnelle en France. Ces atteintes musculo-squelettiques, touchant notamment les articulations et la colonne vertébrale, sont directement liées aux conditions de travail et entraînent des conséquences lourdes comme les lombalgies et des accidents du travail.
Dans des secteurs comme l’industrie, la santé, la logistique, le tertiaire, les salariés sont exposés à des risques professionnels liés aux mauvaises postures de travail, aux gestes répétitifs ou à la manutention manuelle. Réduire les risques et garantir la sécurité au travail est un enjeu majeur qui nécessite une démarche de prévention globale. L’évaluation des risques sur le poste de travail est cruciale, mais la formation est tout aussi essentielle, notamment la formation SST, qui permet aux employés de réagir efficacement en cas d’accident.
Dès lors, comment la formation gestes et postures permet-elle de prévenir les risques de TMS et d’améliorer concrètement la santé au travail ? Pour répondre à cette question, nous allons nous pencher sur les enjeux de santé au travail liés aux TMS, présenter la formation gestes et postures et ses apports, puis démontrer l’impact préventif et organisationnel de cette démarche d’amélioration des conditions de travail.
Les TMS : un enjeu majeur de santé au travail
Les Troubles musculo-squelettiques, ou TMS, sont devenus un problème de santé publique majeur, avec des répercussions considérables sur le monde du travail. Ils représentent un défi crucial pour la sécurité au travail et la santé au travail, nécessitant une démarche de prévention globale et efficace.
Définition et typologie des TMS
Les TMS définissent des affections qui touchent les structures proches des articulations : les muscles, les tendons, les nerfs et les vertébrales. Ces maladies professionnelles sont directement liées à l’activité professionnelle et aux conditions de travail.
Les exemples les plus fréquents incluent la tendinite, la lombalgie (souvent appelée mal de dos), le syndrome du canal carpien ou la cervicalgie. Les zones corporelles les plus touchées sont souvent le dos (notamment la colonne vertébrale), les épaules, les poignets et les genoux. Ces atteintes font que les troubles musculosquelettiques soient reconnus en tant que maladie professionnelle.
Les causes principales
Les causes des TMS sont multifactorielles. On peut les classer en trois grands groupes.
- Facteurs physiques : L’exécution de gestes répétitifs, la manutention manuelle de charges lourdes (avec des manutentions manuelles fréquentes), le maintien de postures contraignantes ou les contraintes physiques excessives sur un poste de travail donné sont des facteurs de risques majeurs.
- Facteurs organisationnels : Un rythme de travail trop soutenu, le manque de pauses ou l’absence d’une adaptation ergonomique des postes de travail augmentent les risques professionnels. L’organisation du travail joue donc un rôle essentiel.
- Facteurs psychosociaux : Le stress, la pression hiérarchique ou une faible autonomie contribuent également à l’apparition des TMS, créant des risques psychosociaux qui se manifestent aussi sur le plan physiologique et anatomique du corps.
Les conséquences sur la santé et l’entreprise
Les TMS ont de lourdes conséquences. Pour l’individu, elles se traduisent par des douleurs chroniques, une perte de mobilité, voire une invalidité partielle, impactant lourdement la qualité de vie. Face à cela, l’accès à une formation TMS est essentielle pour la prévention, permettant aux individus d’acquérir les bonnes pratiques et de limiter ces impacts.
Pour l’entreprise, l’impact est tout aussi important : absentéisme, accidents du travail indirects, désorganisation, baisse de la productivité et coût économique considérable. L’INRS rappelle queles TMS représentent environ 87 % des maladies professionnelles reconnues, soulignant l’ampleur de ces risques liés au travail.
Face à ces constats, la prévention des risques professionnels est absolument indispensable. Agir sur l’ergonomie et l’amélioration des conditions de travail permet de réduire les risques. La formation gestes et postures ou la formation prap constitue un levier essentiel pour agir à la source du risque en sensibilisant les stagiaires et les formateurs aux principes de sécurité et aux bonnes techniques de manutention.
La formation gestes et postures : un outil de prévention efficace
Les risques professionnels et les accidents du travail représentent un coût humain et économique considérable pour l’entreprise. Au cœur de cette problématique figurent les troubles musculosquelettiques (TMS), qui affectent le plus souvent la colonne vertébrale et les articulations des membres supérieurs, et qui sont reconnus comme des maladies professionnelles. Réduire ces risques et garantir la sécurité globale des employés nécessite un ensemble complet de mesures préventives, allant de l’ergonomie des postes de travail à la formation incendie et aux gestes de premiers secours.
Pour prévenir les risques liés à l’activité et notamment ceux liés à la manutention manuelle et aux postures de travail prolongées ou répétitives, la formation gestes et postures s’impose comme une démarche de prévention essentielle et ergonomique.
Objectifs et principes de la formation
L’objectif principal de la formation gestes et postures est double : apprendre aux salariés à adopter des postures et des gestes sécuritaires dans leur situation de travail, et leur permettre de comprendre les mécanismes de leur propre corps. En intégrant des notions d’anatomie et de physiologie, les stagiaires sont amenés à identifier l’impact des contraintes physiques sur leurs structures squelettiques et musculo-squelettiques, à l’origine notamment des lombalgies et du mal de dos.
Cette approche vise à favoriser la prise de conscience du lien entre les gestes professionnels et la santé, transformant ainsi le salarié en acteur de sa prévention. Il s’agit d’acquérir les principes généraux et les techniques de manutention pour réduire les risques et garantir une meilleure sécurité physique au poste de travail.
Contenu typique d’une formation
Le contenu d’une telle formation est structuré pour être immédiatement applicable. La partie théorique couvre les notions d’anatomie du corps humain, expliquant le fonctionnement de la colonne vertébrale, des muscles et des articulations, les mécanismes des atteintes (TMS), et l’importance du DUERP (Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels) dans la prévention de ces risques.
La partie pratique, fondamentale, consiste en des exercices d’observation et de correction des postures directement sur les postes de travail. Des études de cas concrètes sont utilisées pour illustrer les risques liés à la manutention et à d’autres risques professionnels spécifiques, comme le travail sur écran ou le travail debout.
Des formations plus spécifiques existent, comme la formation PRAP (Prévention des Risques liés à l’Activité Physique), axée sur l’ergonomie et l’organisation du travail pour prévenir les risques.
Les acteurs impliqués
L’efficacité de la formation gestes et postures repose sur la collaboration de plusieurs acteurs de la prévention.
L’employeur est le premier responsable. En vertu du Code du travail (notamment l’article L.4121-1), il a une obligation générale de sécurité et de protection de la santé et sécurité de ses employés. Cela inclut l’évaluation des risques dans le document unique et la mise en œuvre d’actions de formation adaptées, surtout lorsque l’activité professionnelle implique des manutentions manuelles ou des risques posturaux. L’INRS fournit d’ailleurs des recommandations clés pour cette amélioration des conditions de travail.
Le formateur spécialisé, souvent animateuren ergonomie et en prévention des risques, assure la transmission des principes de sécurité et l’acquisition des techniques de manutention auprès des stagiaires.
Les salariés sont tenus à une participation active et à un retour d’expérience. Enfin, le service de santé au travail intervient pour l’accompagnement et le suivi post-formation, garantissant une approche globale de la santé au travail.
L’impact de la formation sur la prévention des TMS et la santé au travail
Les troubles musculo-squelettiques représentent aujourd’hui la première cause de maladies professionnelles reconnues et contribuent significativement aux accidents du travail et aux accidents.
Face à ces atteintes squelettiques et articulaires des membres supérieurs et de la colonne vertébrale, la formation s’impose comme la pierre angulaire d’une démarche de prévention efficace. L’objectif principal est de prévenir les risques pour garantir la sécurité physique des salariés et améliorer la santé ainsi que la sécurité globale en entreprise.
Changement des comportements et appropriation des bons gestes
Une formation Gestes et Postures ou PRAP permet aux stagiaires d’acquérir une connaissance fondamentale de l’anatomie et de la physiologie de leur corps, afin de prévenir les blessures. Le formateur enseigne les principes généraux et les techniques de manutention appropriées.
Cette transmission de savoir assure l’adoption progressive de réflexes sécuritaires : fléchir les genoux, maintenir le dos droit, éviter les torsions, ce qui est crucial pour contrer les lombalgies et le mal de dos. Les salariés comprennent ainsi comment minimiser les contraintes physiques liées à l’activité physique ou au travail sur écran et prévenir les risques liés à l’activité et aux mouvements répétitifs.
La sensibilisation est importante. Chaque salarié devient acteur de sa situation de travail en adoptant de meilleures postures de travail et en s’appropriant les principes de sécurité, y compris le bon usage de la protection individuelle.
Amélioration du bien-être et de la performance
L’impact de l’appropriation des bons gestes et postures se traduit directement par une nette amélioration des conditions de travail et, par conséquent, du bien-être général. On observe une réduction tangible du nombre d’accidents et de TMS déclarés. Les salariés, moins affectés par la fatigue physique et les douleurs aux articulations, affichent une meilleure concentration, ce qui se répercute sur la productivité.
En réduisant les risques professionnels liés au travail, l’entreprise participe activement à l’amélioration des conditions de ses équipes. Cette démarche, souvent accompagnée d’une meilleure communication au sein des équipes sur les solutions aux risques psychosociaux, valorise le salarié et renforce son sentiment de reconnaissance et d’implication.
Un enjeu collectif et organisationnel
La formation est un pilier, mais elle doit s’intégrer dans une approche plus large. Elle fait partie de la démarche de prévention exigée par le Code du travail et documentée dans le document unique d’évaluation des risques. Cela implique une réflexion sur l’ergonomie et l’organisation du travail, notamment l’aménagement ergonomique des postes de travail et du poste de travail.
C’est un enjeu collectif et organisationnel suivi par des instances comme le CSE (Comité Social et Économique), notamment au travers de la CSSCT (Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail) dans les entreprises de plus de 300 salariés (ou en l’absence de CSSCT, le CSE lui-même), qui veillent à l’intégration de la prévention des risques professionnels dans la culture d’entreprise. L’organisme comme l’INRS fournit d’ailleurs les références pour cette sécurité au travail.
La démarche doit être continue : évaluation, suivi, mise à jour régulière des pratiques pour s’assurer que les mesures ergonomiques restent efficaces.
Conclusion
La formation gestes et postures n’est pas une simple formalité, c’est un investissement durable en faveur de la santé et de la sécurité au travail des salariés, ainsi que la performance de l’entreprise. En effet, la maîtrise des techniques de manutention manuelle et l’adoption des bonnes postures de travail sont essentielles pour la prévention des risques professionnels, notamment des troubles musculo-squelettiques (TMS). Ces risques liés à l’activité, qu’ils soient liés à la manutention, aux mouvements répétitifs ou à la sédentarité au poste de travail, sont la cause majeure d’accidents du travail et de maladies professionnelles.
Une démarche de prévention efficace, s’appuyant sur l’ergonomie et l’évaluation des risques (comme l’exige le code du travail), permet de réduire les risques de lombalgies et d’atteintes musculo-squelettiques. Planifiez une formation gestes et postures pour vos équipes dès aujourd’hui avec ASTU PREVENT.
FAQ
Qu’est-ce qu’une formation gestes et postures ?
C’est une formation qui vise à transmettre les bonnes pratiques de manutention, de posture et d’organisation du travail pour réduire les contraintes physiques et prévenir les TMS. Elle inclut une partie théorique sur l’anatomie et une partie pratique sur les postes de travail.
Pourquoi les TMS sont-ils si fréquents en entreprise ?
Les TMS résultent d’un cumul de facteurs : gestes répétitifs, postures immobiles ou forcées, port de charges, ergonomie insuffisante, stress et organisation du travail inadaptée. Ils apparaissent progressivement et peuvent entraîner douleurs chroniques, arrêts maladie ou incapacité.
Dans quels secteurs la formation gestes et postures est-elle obligatoire ?
Cette formation est vivement recommandée dans toutes les activités impliquant manutention manuelle, posture assise prolongée, travail debout ou gestes répétitifs. L’employeur doit former ses salariés conformément à son obligation générale de sécurité (Code du travail).
Quelle est la différence entre formation gestes et postures et formation PRAP ?
La formation gestes et postures se concentre sur les postures et la manutention. La PRAP (Prévention des Risques liés à l’Activité Physique) adopte une approche plus globale : analyse des situations de travail, ergonomie, réduction à la source des risques et amélioration de l’organisation.