La Formation Sauveteur Secouriste du Travail (SST) est un dispositif essentiel de la prévention des risques professionnels. Un Sauveteur Secouriste du Travail est un membre du personnel, formé pour intervenir efficacement face à une situation d’accident ou un malaise sur le lieu de travail.
Selon l’INRS, près de 600 000 accidents du travail sont recensés chaque année en France, dont une partie aurait pu être atténuée par une intervention rapide d’un Sauveteur Secouriste du Travail (SST). Encadrée par le Code du travail, la formation SST est un pilier de la prévention des risques professionnels. Pour un Gérant, un Responsable RH ou un dirigeant, c’est une obligation légale et un gage de performance.
Au-delà de l’obligation réglementaire pour certaines activités à risque, la formation sauveteur secouriste du travail (SST) s’impose comme un levier stratégique pour renforcer la sécurité, limiter les arrêts de travail et valoriser la responsabilité sociale de l’employeur. Découvrez pourquoi cette démarche est devenue incontournable dans la gestion moderne de la santé et sécurité au travail.
Le cadre légal et réglementaire
La santé et la sécurité au travail constituent un pilier de l’organisation des entreprises en France. Le Code du travail établit un cadre juridique clair, plaçant l’employeur au cœur du dispositif de prévention des risques professionnels.
DUERP et formation SST : les piliers de la prévention des risques en entreprise
L’article L4121-1 du Code du travail est fondamental. Il énonce sans ambiguïté que « l’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la santé et la sécurité des travailleurs ». Cette obligation de résultat implique une démarche proactive, allant au-delà de la simple conformité. L’employeur doit mettre en œuvre des actions de prévention des risques, d’information et de formation (notamment à l’aide de formations SST), et organiser les moyens de secours adaptés, conformément au DUERP.
Une étape clé est l’évaluation des risques de l’entreprise. Celle-ci aboutit à la rédaction du Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP). Ce document répertorie les risques spécifiques et planifie les actions pour les réduire. L’employeur doit également prévoir l’organisation des premiers secours, ce qui nécessite de former des secouristes capables d’alerter et de porter secours en cas d’accident du travail ou de malaise. Il est crucial de distinguer la prévention (éviter l’accident ou la situation d’accident) du secours (intervenir efficacement avant l’arrivée des secours spécialisés).
Article R4224-15 : l’obligation pour l’employeur de former des secouristes au travail
L’article R4224-15 du Code du travail vient préciser l’obligation d’organisation des secours en entreprise. Il stipule qu’« Un membre du personnel reçoit la formation de secouriste nécessaire pour donner les premiers secours… dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux ; sur chaque chantier employant vingt travailleurs ou plus pendant plus de quinze jours où sont réalisés des travaux dangereux. »
Les travaux dangereux ne sont pas limitativement définis, mais correspondent aux situations dangereuses présentant des risques professionnels élevés (manutention, travail en hauteur, utilisation de machines, électricité, etc.), pouvant occasionner des risques de brûlures, de saignement, ou nécessitant la maîtrise de la réanimation. Bien que le terme Sauveteur Secouriste du Travail (SST) ne soit pas explicitement mentionné, la formation SST, encadrée par l’INRS, constitue la voie la plus appropriée et reconnue.
Cette formation permet aux stagiaires d’acquérir les gestes de premiers secours (comme l’utilisation d’un défibrillateur) et de maîtriser la prévention des risques professionnels. Un organisme de formation, comme un futur CFA, est habilité à dispenser cette formation initiale ainsi que le recyclage (ou MAC SST pour actualisation des compétences).
Les risques encourus par l’employeur en cas d’absence de formation SST
Le non-respect de ces obligations engage la responsabilité de l’employeur en cas d’accident. En l’absence de mesures de prévention ou de secours appropriées, l’employeur s’expose à des sanctions civiles et pénales, notamment pour faute inexcusable.
Si la loi n’impose pas formellement à toutes les entreprises d’avoir un SST, l’interprétation pratique et jurisprudentielle conduit à une forte recommandation dans l’organisation de l’entreprise. En effet, former des sauveteurs est considéré comme une mesure essentielle de sécurité au travail. La formation SST confère le certificat de sauveteur et permet d’intervenir efficacement sur un lieu de travail.
Le rôle de l’organisme de formation et de l’actualisation des compétences régulière (recyclage) est crucial pour garantir que le Sauveteur-secouriste maintienne sa capacité à secourir et à appliquer les gestes qui sauvent. Le formateur SST, après sa propre formation continue, veille à ce que les sauveteurs soient capables d’examiner la victime et de faire face à toute situation d’accident en attendant l’arrivée des secours.
Pourquoi : les raisons pratiques et stratégiques
Au-delà de l’obligation légale, l’intégration de Sauveteurs Secouristes du Travail (SST) est une démarche stratégique qui impacte directement la performance et l’image de l’entreprise. C’est un investissement dans l’humain et dans la maîtrise des risques professionnels, comme par exemple la formation incendie et manipulation d’extincteurs, complémentaire de la démarche SST.
Réagir efficacement en cas d’accident
La présence de secouristes formés est un facteur déterminant pour la gestion des urgences. Le rôle concret du Sauveteur Secouriste du Travail (SST) est articulé autour des trois actions clés de la Protection Civile :
- Protéger la victime et son environnement pour éviter le sur-accident,
- Alerter les secours spécialisés (15, 18, 112), et
- Secourir en attendant l’arrivée des secours.
Face à une situation d’accident typique (chute, malaise, saignement important, etc.), la rapidité d’intervention est absolument essentielle. Dans le cas d’un arrêt cardiaque, par exemple, chaque minute perdue réduit significativement les chances de survie. Les gestes de premiers secours maîtrisés par un SST — savoir examiner la victime, réaliser une réanimation, ou stopper un saignement abondant — peuvent prévenir des séquelles irréversibles. La formation SST permet au secouriste d’être capable d’intervenir immédiatement sur le lieu de travail.
L’impact est double. Pour la victime, c’est l’assurance d’une prise en charge immédiate et la réduction des conséquences de l’accident sur le travail. Pour l’entreprise, c’est la limitation des coûts directs (frais médicaux, indemnités) et indirects (désorganisation, perte de production, enquête de la CARSAT), ainsi qu’un meilleur climat social. Former un membre du personnel à devenir sauveteur est l’équivalent d’une assurance humaine, et cette démarche s’inscrit pleinement dans le cadre de l’élaboration du DUERP.
Renforcer la culture sécurité et la prévention
Le SST n’est pas uniquement un secouriste, c’est un acteur central de la prévention des risques professionnels. Sa formation initiale, basée sur le référentiel de l’INRS, va au-delà des seuls gestes de secours. Elle permet aux stagiaires de repérer les situations dangereuses ou les risques spécifiques dans leur environnement de travail et y apporter des propositions d’amélioration, en lien avec le responsable HSE ou QSE.
En contribuant à la prévention des risques, le SST participe activement à la réduction du nombre d’accidents du travail et à l’amélioration de la sécurité au travail. Cette démarche proactive renforce la culture sécurité de l’organisation de l’entreprise. Les salariés se sentent écoutés et plus en sécurité, ce qui a un impact positif sur l’ambiance générale et l’engagement.
La Formation Sauveteur Secouriste du Travail (SST) est un maillon essentiel de la démarche globale de prévention des risques professionnels, transformant un employé en ambassadeur de la Santé et Sécurité au Travail. L’actualisation des compétences régulière (MAC SST), tout comme la formation hygiène sécurité environnement, garantit le maintien de ce niveau d’exigence.
Gestion des risques et d’image pour l’entreprise
Faire suivre une formation SST à ses équipes est un levier puissant de gestion des risques qui va bien au-delà de l’aspect humain. C’est une réponse concrète au risque juridique. En cas d’accident, l’employeur peut démontrer qu’il a mis en place les moyens de secours et de prévention exigés par la loi, minimisant ainsi les sanctions potentielles.
De plus, être capable d’intervenir et de fournir les premiers soins améliore la crédibilité de l’entreprise vis-à-vis des parties prenantes : les clients, les donneurs d’ordre, les assureurs, et les organismes de contrôle. Le Certificat national de Sauveteur Secouriste du Travail est un gage de sérieux, qui s’inscrit souvent dans une démarche plus large de formation liée à la qualité et à la sécurité de l’environnement de travail. Cette démarche peut également être complétée par une formation troubles musculo-squelettiques (TMS), qui s’inscrit dans la prévention quotidienne.
Le retour sur investissement d’une formation de secourisme est indirect, mais substantiel : moins d’accidents, moins d’arrêts de travail, une meilleure image de marque et un climat social positif. L’investissement dans la formation continue et l’habilitation des secouristes est donc synonyme de pérennité et de performance pour l’entreprise.
Mise en œuvre de la formation SST dans l’entreprise
L’intégration de la Formation Sauveteur Secouriste du Travail (SST) dans l’entreprise n’est pas qu’une simple conformité légale, c’est une démarche structurée de prévention des risques professionnels visant à garantir la sécurité au travail. Chez ASTU PREVENT, organisme agréé et prochainement CFA Santé & Sécurité au travail, nous accompagnons les entreprises et futurs professionnels dans le déploiement de ces formations essentielles.
Pour les Responsables RH, les Responsables HSE/QSE ou les Gérants, il s’agit d’une composante essentielle de la Santé et sécurité au travail, que même une personne suivant une formation assistant ressources humaines doit connaître dans le cadre de son parcours professionnel.
Audit des besoins
La première étape de la mise en place de la formation sauveteur secouriste du travail consiste en un audit précis pour déterminer le nombre adéquat de Secouristes du travail. Cette démarche s’appuie sur l’évaluation des risques et l’organisation de l’entreprise.
Le point de départ est le Document Unique d’Évaluation des Risques (DUER). Ce document de référence permet l’identification des risques spécifiques (chimiques, travail en hauteur, utilisation de machines, etc.) qui pourraient générer des situations d’accident ou des travaux dangereux (risques de brûlures, de saignement, de malaise). Il est également impératif de prendre en compte l’effectif total, les différents horaires de travail (nuit, équipes) et l’activité sur chaque lieu de travail.
Bien qu’il n’existe pas de ratio légal strict, les recommandations et les pratiques (notamment de l’INRS et de la CARSAT) suggèrent généralement de former entre 10 à 15 % de l’effectif total de l’entreprise. Ce pourcentage doit être ajusté en fonction de la gravité des risques professionnels identifiés (plus les risques sont élevés, plus le pourcentage doit l’être) et des contraintes d’accessibilité aux secours spécialisés.
La médecine du travail joue un rôle consultatif important pour valider cette évaluation des besoins. L’objectif est d’assurer la présence d’un Sauveteur Secouriste du Travail capable d’intervenir efficacement à tout moment pour porter secours et appliquer les premiers soins.
Choisir un organisme habilité et garantir la mise à jour des compétences
Une fois le besoin établi, le choix du partenaire de formation est déterminant. Il est essentiel de s’orienter vers un organisme de formation habilité par le réseau INRS et dont les formateurs sont eux-mêmes certifiés Formateur SST (ou Moniteur). Cela garantit que le programme de formation respecte le référentiel national de Sauvetage et de secourisme.
La formation SST initiale est une formation de base intensive. Elle dure généralement deux jours (environ 12 à 14 heures) et permet aux stagiaires d’acquérir les gestes de premiers secours indispensables : examiner la victime, faire alerter les secours spécialisés, et secourir (en apprenant, par exemple, à utiliser un défibrillateur ou à réaliser une réanimation).
Pour maintenir ses compétences, le Sauveteur doit suivre une session de Maintien et d’Actualisation des Compétences du SST (dite MAC SST ou recyclage) tous les deux ans. Cette formation continue permet de revoir les gestes de secours, de s’adapter aux éventuelles évolutions du protocole et d’être remis en situation d’Accident du travail à travers des mises en situation pratiques.
Un organisme de formation habilité proposant une formation sauveteur secouriste du travail peut accompagner l’entreprise au-delà de la simple délivrance d’un certificat de sauveteur. Autrement dit, proposer un service complet allant de l’audit des besoins à la formation initiale, en passant par le MAC et le suivi des secouristes dans la durée.
Valoriser et évaluer les Sauveteurs pour une prévention durable
Le succès d’une bonne gestion de la Santé et Sécurité au Travail (SST) ne se limite pas à la simple délivrance de certificats, tout comme l’efficacité d’une formation Technicien informatique et cybersécurité ne dépend pas seulement du diplôme obtenu.
Pour que cela fonctionne vraiment, il faut agir sur plusieurs points :
- Intégrer les Sauveteurs : Il est crucial de placer les Sauveteurs dans l’organisation de la sécurité de l’entreprise. L’organisation des secours doit être facile à comprendre, avec des affichages et des communications internes qui expliquent bien le rôle de ces employés.
- Mesurer l’efficacité : Pour savoir si l’investissement dans la formation SST est utile, on peut regarder si le nombre et la gravité des accidents du travail diminuent. Il est aussi important de demander l’avis des employés. Idéalement, avoir assez de Sauveteurs devrait aider à rendre les accidents moins graves.
- Valoriser les Sauveteur Secouriste du Travail : La reconnaissance est essentielle. Montrer que l’on apprécie leur engagement, par exemple avec un badge spécial ou une mention positive dans leur évaluation annuelle, encourage leur motivation. C’est un message important pour tous : l’entreprise prend la Sécurité au travail très au sérieux.
Conclusion
La formation Sauveteur Secouriste du Travail (SST) s’impose comme une mesure clé, s’inscrivant parfaitement à l’intersection du cadre légal rigoureux et des enjeux stratégiques de votre entreprise. Bien que l’obligation formelle ne concerne que les cas de travaux dangereux, former des secouristes et des sauveteurs est une bonne pratique de prévention des risques professionnels. C’est même fortement recommandé pour toute entreprise soucieuse de la santé et sécurité au travail. Le SST est capable d’intervenir efficacement en cas d’accident du travail et de donner les premiers secours rapidement.
Ne tardez plus à renforcer la sécurité au travail dans votre structure. Demandez un devis dès aujourd’hui pour organiser la formation SST initiale ou le recyclage (MAC SST) de vos équipes, ou pour inscrire vos collaborateurs au CFA ASTU PREVENT dès son ouverture.
FAQ
Pourquoi la formation SST est-elle obligatoire ?
Elle est rendue obligatoire pour certaines entreprises selon le Code du travail (R4224‑15) afin d’assurer la sécurité des salariés et limiter les risques en cas d’accident ou de malaise.
Quelles entreprises sont concernées par l’obligation ?
Les entreprises qui réalisent des travaux dangereux, ainsi que les chantiers de 20 salariés ou plus sur plus de 15 jours, doivent former au moins un salarié SST.
Quels sont les risques si l’entreprise ne forme pas de SST ?
L’employeur engage sa responsabilité civile et pénale en cas d’accident, et peut être sanctionné par des amendes ou poursuites.
Combien de salariés doivent être formés SST ?
Le nombre dépend de la taille et des risques de l’entreprise. En général, on recommande environ 10‑15 % de l’effectif, en fonction de l’évaluation des risques.